1/08/2014

Les présidents d'honneur 2014


Hélène Carrère d’Encausse
Née à Paris dans une famille que l’esprit cosmopolite et la révolution russe ont de longue date dispersée à travers l’Europe. Compte parmi ses ancêtres de grands serviteurs de l’Empire, des contestataires du même Empire, le président de l’Académie des sciences sous Catherine II et trois régicides. Cette hérédité la prédisposait naturellement à l’étude de l’histoire et de la science politique, qu’elle a enseignées à la Sorbonne avant de transférer sa chaire professorale – l’esprit nomade de la famille aidant – à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle a aussi enseigné durant plusieurs années au collège d’Europe de Bruges. Historienne de la Russie, Hélène Carrère d’Encausse est membre de l’Académie française depuis 1991, où elle a été élue secrétaire perpétuel en 1999. Elle a reçu le prix Aujourd’hui pour “L’Empire éclaté“ (Flammarion) en 1978, le prix Louise-Weiss en 1987, et le prix Comenius, en 1992, pour l’ensemble de son œuvre. Sa biographie de “Nicolas II“ (Fayard, 1996) a obtenu le prix des Ambassadeurs en 1997. Hélène Carrère d’Encausse a publié de nombreux ouvrages, notamment “Lénine“ (Fayard, 1988), “La Gloire des nations“ (Fayard, 1990), “Victorieuse Russie“ (Fayard, 1992), “Catherine II“ (Fayard, 2002), “L’Impératrice et l’abbé“ (Fayard, 2003) et “L’Empire d’Eurasie“ (Fayard, 2005). En 2013, elle publie “Les Romanov : une dynastie sous le règne du sang“ chez Fayard.




Pascal Picq

Histoires d’hommes

«On dit que ce sont les hommes – et les femmes – qui font l’histoire. Et s’ils faisaient, aussi, l’histoire de la vie ? Les faiseurs d’histoire ont toujours été des personnages qui allèrent se balader dans le monde, des péripatéticiens qui, par les pieds et la tête, mirent en évidence des passés indissociables des géographies et de ce que les sols ont gardé des civilisations, des peuples et des espèces disparues. Si l’histoire s’écrit dans les livres, ses sources ne sont pas que dans les livres car les textes comme les sédiments n’ont conservé que ce que voulait une époque et ses impérities et, aussi, ce qu’imposaient les conditions physico-chimiques des sols. C’est au cours de leurs grands voyages que Charles Darwin et Claude Lévi-Strauss, à un siècle d’intervalle, découvrirent que les diversités des peuples et des espèces, comme leurs ressemblances et leurs différences, provenaient d’une seule histoire, d’un grand récit appelé évolution. Aujourd’hui, nos civilisations détruisent comme jamais toutes les diversités et les traces de notre passé à tous. Peut-on laisser à nos enfants un monde dans lequel ils ne pourront édifier leur histoire que dans les livres ? »

Pascal Picq

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